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02 Sep2015

Marchés financiers : une correction, pas une capitulation

 

Avec environ 700 points perdus en moins d'un mois, l'été a été rude pour les investisseurs français, surtout après ce « lundi noir » au cours duquel le CAC 40 a perdu jusqu'à 8,6 %.

Premier facteur explicatif : la Chine. Certes, les Bourses locales se sont effondrées, mais les excès de jeunesse qui les caractérisent en relativisent la portée. Plus inquiétante est la poursuite de la dégradation de la conjoncture chinoise, que même des statistiques d'État enjolivées ne parviennent plus à cacher. Malgré de multiples mesures, Pékin peine, pour l'heure, à passer d'un modèle basé sur l'investissement à un autre reposant sur la consommation intérieure. Mauvaise nouvelle pour la 2e économie mondiale, d'autant que d'autres grands émergents, comme la Russie et le Brésil, sont menacés de récession. Enfin, Pékin est aussi entré dans la guerre monétaire par une dévaluation qui risque de donner des idées à d'autres pays d'Asie.

Deuxième facteur d'incertitude : la date à laquelle la Fed relèvera ses taux courts pour la première fois depuis... juin 2006. Alors que l'opinion majoritaire penchait, voilà trois semaines, pour une action en septembre, certains intervenants parient maintenant sur le T1 2016... Si le plein emploi est proche aux États-Unis, la dynamique du PIB demeure modérée et certains craignent que le durcissement monétaire ne la fasse dérailler. Hypothèse qui nous semble, pour l'heure, excessive. Dans de telles circonstances, alors que les doutes sur la croissance prévalent, les investisseurs occidentaux fuient d'abord les pays émergents. Sans oublier que le brusque regain de l'euro face au dollar, au creux de l'été, où la liquidité est plus faible, a probablement incité des investisseurs internationaux à déboucler en catastrophe leurs positions en actions sur le Vieux Continent.

Si le signal envoyé par le marché est indubitablement sérieux, il ne doit pas pour autant conduire à la capitulation : en Europe, 62 % des sociétés ont battu les attentes au T2 alors que le PER moyen est repassé sous les 14 fois. Sans nous priver de belles valeurs pour lesquelles les émergents demeureront un relais de croissance à long terme, nous préférons malgré tout jouer cette semaine des titres moins exposés, comme BNP Paribas et Faurecia.

 

 
 
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