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15 Jan2016

Marchés financiers : la Bourse à la sauce chinoise


La dépendance à la Chine s'accentue d'année en année. Tout le monde aura noté que le coup de grisou intervenu sur les Bourses chinoises de Shanghai et Shenzhen.

Les pertes des Bourses chinoises de Shanghai et Shenzhen (-16,7 % et -22,4 % depuis le 1er janvier) ont affecté l'ensemble des places financières de par le monde. Un tel événement était pourtant difficilement envisageable il y a une vingtaine d'années. En effet, l'irruption de la Chine dans la sphère économique à l'échelle planétaire est réellement intervenue avec l'entrée du pays dans l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en décembre 2001. Depuis, elle dépend du statut "d'économie non marchande" et attend avec impatience celui "d'économie de marché", qu'elle devrait obtenir automatiquement à la fin 2016. L'Europe a commencé à se pencher sur le sujet, car une fois acté, ce nouveau statut interdira à l'UE d'appliquer les pénalités anti-dumping et anti-subventions aujourd'hui en place. Difficile d'accorder les mêmes droits à un pays dont l'économie reste contrôlée par un État puissant, mais impossible d'ignorer un tel poids lourd.

Toute l'ambiguïté de la Chine vis-à-vis du capitalisme se retrouve dans son rapport à la Bourse. D'abord, les places de Shanghaï et Shenzen sont les seules qui comptent plus d'investisseurs particuliers que d'institutionnels. Leur volatilité tient en grande partie à cette anomalie. Ensuite, les autorités locales ont une vision singulière des règles régissant les marchés. Elles ont par exemple mis en place un système de "circuit breaker", qui interrompt les échanges en cas de très forte baisse. C'est ce mécanisme qui a fonctionné début janvier. Mais là où la limite est fixée pour un recul de 20 % à New York, elle n'est que de 7 % en Chine. Résultat contre-productif, les vendeurs se dépêchant de passer leurs ordres en accélérant le processus. Autre décision particulière, les actionnaires détenant plus de 5 % du capital d'une société ont été interdits depuis août de vendre leurs positions. L'assouplissement prévu fin janvier a entraîné encore davantage les cours à la baisse, de peur que ces actionnaires importants ne sortent en masse.

La Chine est certes devenue un mastodonte du commerce mondial, mais son rapport alambiqué à l'économie de marché rend l'investissement en valeurs mobilières sur ses places financières continentales sinon hasardeux, au pire très risqué.

 

 
 
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