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15 Mar2016

Marchés boursiers : quand l’afflux de papier crée de la valeur

 

Parmi les nombreux facteurs qui peuvent peser sur la valeur d’une action, « l’afflux de papier » n’est pas le moins redouté.

Toujours utilisée actuellement bien qu’elle renvoie au temps, révolu en France depuis plus de 30 ans, où les actions prenaient la forme de « papiers » qui font aujourd’hui la joie des scripophiles, cette expression boursière désigne une réalité des plus basiques : lorsqu’un ou plusieurs actionnaires importants décident de vendre, l’excès d’offre tire souvent le cours vers le bas.

Cependant et heureusement, ce scénario souffre des exceptions qu’illustre notamment Nexity : en 15 mois, le groupe bancaire Banque populaire-Caisse d’épargne (BPCE) s’est défait de 40 % du capital de ce promoteur immobilier.

Aussi massif ait-il été, cet afflux de papier n’a pourtant pas pesé sur le cours de l’action, au contraire : dans l’intervalle, le titre Nexity a grimpé de plus du tiers, surperformant largement un marché quasi stable ! Bien évidemment, ses fondamentaux jouent en faveur du titre : en France, la reprise de l’immobilier neuf semble à portée. Il ressortait d’une enquête auprès des promoteurs publiée fin janvier par l’Insee que « les perspectives de mises en chantier se redressent », l’indicateur revenant au plus haut depuis juillet 2011, alors que le stock d‘invendus baisse toujours. Les réservations de Nexity ont presque atteint leur niveau de 2011 et à plus long terme, ce groupe très francilien pourrait profiter de la montée en puissance du « Grand Paris ».

Mais ce n’est pas tout : la libération du capital par un actionnaire de référence devenu dormant est en elle-même créatrice de valeur. En effet, l’accroissement du flottant facilite le positionnement des fonds d’investissement, augmentant au passage la probabilité d’une OPA, et il conduit souvent à l’adoption d’une politique de dividende plus régulière. D’ailleurs, le « cas Nexity » n’est peut-être pas isolé : le fonds PAI Partners, qui verrouille à hauteur d’environ 88 % le capital d’un autre promoteur, Kaufman & Broad, a fait part le 27 janvier de son intention de sortir, des placements étant envisagés d’ici fin juin. Ce que les boursiers ont applaudi : depuis lors, le titre a surperformé le marché de plus de 20 points de pourcentage.

 

 
 
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