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04 May2016

Les Français ont-ils peur de leur ombre ?

 

Une récente étude publiée par la Banque de France montre que le placement préféré des Français n'est ni l'assurance-vie ni la Bourse, mais le compte courant. Cette surprenante révélation en dit long sur la prudence extrême dont font preuve nos compatriotes dès lors qu'il s'agit de placer leur épargne.

Les dépôts à vue, c'est-à-dire l'argent qui dort sur les comptes en banque, ont augmenté l'an dernier de 36 Md€. C'est plus que la collecte réalisée par l'épargne logement (22,80 Md€) ou l'assurance-vie (32,80 Md€). Dans un contexte de taux d'intérêt quasi nuls, on peut comprendre que les placements traditionnels du type des livrets d'épargne n'attirent plus grand monde, mais le réflexe qui consiste à laisser dormir son argent sur son compte courant dépasse l'entendement. Ce repli vers les dépôts à vue n'est pas seulement le résultat d'une réflexion rationnelle sur la faiblesse des rémunérations offertes sur les produits bancaires traditionnels. Il révèle aussi un sentiment d'aversion totale à l'égard des placements dits « à risques ». Le constat est simple : les Français préfèrent payer des frais de tenue de compte plutôt que de s'exposer à la moindre éventualité de perte en capital.

À La Lettre des Placements, nous n'ignorons pas que la Bourse est volatile, mais nous savons aussi que le risque peut être atténué en diversifiant ses placements et en sélectionnant des valeurs solides, capables de mieux résister aux accidents que le reste de la cote. Notre portefeuille est à l'équilibre depuis le 1er janvier, alors que le CAC 40 est en baisse de près de 2 %. Sur une longue période, nous avons encore accru notre avance sur l'indice parisienne. La perspective d'un rendement moyen de 3 % sur les actions n'est par ailleurs pas négligeable.

Le conservatisme des Français sur leurs placements ne les empêche cependant pas de faire preuve d'opportunisme lorsqu'il s'agit de profiter de prêts à des taux historiquement faibles : l'an dernier, les banques ont prêté 35,50 Md€ aux particuliers. Soit 63 % de plus qu'en 2014 ! Le banquier est le grand gagnant du jour : il prête à certains, moyennant finance, l'argent que d'autres déposent gratuitement !


 

 
 
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