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23 Dec2015

Le pétrole plombé par la guerre des prix

 

Le pétrole peine à trouver le fond : sous 37$, le Brent n'avait jamais valu aussi peu depuis décembre 2008, lorsque la crise financière laissait craindre le pire.

La demande de pétrole se déroberait-elle ? Absolument pas. Certes, la croissance économique mondiale, dont dépend l'appétit pour le brut, devrait marquer le pas. Mais à en croire l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE), cela n'empêchera pas la demande d'or noir d'augmenter encore en 2016 de 1,2 million de barils par jour (Mb/j), après + 1,8Mb/j en 2015 pour marquer un nouveau record et s'approcher un peu plus près de la barre symbolique des 100Mb/j.

Si le Brent n'est pas délaissé, que s'est-il donc passé pour que son cours se traite au tiers des 110 $ où il s'est maintenu entre 2011 et 2014 ? La réponse est à chercher du côté de l'offre et nous rappelle que le marché du pétrole n'en est pas vraiment un. En effet, certains producteurs ont récemment fait preuve d'un rare dynamisme : depuis fin 2008, les extractions des États-Unis ont décollé de 84 % à plus de 9Mb/j ! De quoi menacer l'Opep, cartel concentrant près de 40 % de l'offre mondiale emmené par l'Arabie saoudite (un peu plus de 10Mb/j).

À l'instigation de Riyad, qui s'appuie sur des gisements à bas coûts et des réserves patiemment constituées, l'Opep s'est officiellement engagée, en novembre 2014, dans une "guerre des parts de marché" consistant à accroître l'offre et à casser les prix. Une politique confirmée, le 4 décembre 2015, par l'abandon pur et simple de quotas officiels de production de l'Opep (30Mb/j) de toute façon inférieurs à la réalité (31,7Mb/j). Le cartel vient donc d'ouvrir un peu plus son robinet à pétrole, d'où le dernier accès de baisse et le pessimisme de nombre d'analystes. Bref, l'offre de brut croît toujours plus vite que la demande, et les stocks répertoriés avoisinent les 3 milliards de barils. La hausse du dollar n'arrange rien. Dans ce contexte, que le Moyen-Orient soit à feu et à sang ne pèse d'aucun poids.

Quand l'Opep changera-t-elle de pied ? Voilà la question dont Total et Shell, qui réduisent leurs coûts à tour de bras, aimeraient bien connaître la réponse. Notons que selon l'AIE, la production hors Opep, pour l'instant en hausse, diminuerait en 2016. Ce qui semble être l'objectif du cartel.


 

 
 
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